Alors que l'OM prospecte activement pour la saison prochaine, des tensions ont surgi depuis mercredi au sein de la direction marseillaise. Veut-on mettre dehors Pape Diouf ? Devrait-il démissionner ?
Il existe des absences qui ne passent pas inaperçues en haut lieu. Mercredi dernier, le conseil de surveillance de l'Olympique de Marseille a brillé grâce à la décision de Pape Diouf de rester à Marseille pour fêter le titre de champion de France des 16 ans nationaux... Ironie du sort, les critiques ne cessent d'égratigner le président marseillais depuis quelques jours, et les rumeurs les plus folles circulent dans la cité phocéenne...
Diouf ne tolère pas
Le climat se veut malsain, comme une épée de Damoclès dont Pape Diouf ne peut se défaire. La décision de ce dernier de ne pas participer au conseil de surveillance de l'OM qui se tenait mercredi dernier à Paris, à provoquer un gigantesque tollé dans les hautes sphères marseillaises. Un avis de tempête que ne conçoit pas le président de l'Olympique de Marseille. «Il faut se souvenir qu'au départ, ce conseil était programmé le mercredi 3 juin... Nous avons pourtant appris la veille qu'il serait annulé. Sans que nous n'en connaissions les motifs, il avait été déprogrammé. J'ai demandé à ce que la réunion se tienne à Marseille, sachant que neuf membres sur douze y résident. Mais le président du conseil (Vincent Labrune) ne l'a pas souhaité... Sa peau doit être trop sensible à l'air marseillais,» précise Pape Diouf dans les colonnes de La Provence.
En clair, il semblerait qu'une partie de poker menteur se soit engagée entre certains membres du conseil de surveillance (Vincent Labrune, Régis Rebuffat) à Paris et les dirigeants du club à Marseille. Une agitation qui tombe au plus moment pour l'OM, en pleine phase de reconstruction pour la saison prochaine, avec à sa tête Didier Deschamps. «Il y a une sorte de conglomérat qui semble s'être formé quelque part, dans les endroits branchés de Paris. Il faut se faire voir, montrer que l'on existe... Mais qu'on ne compte pas sur moi pour participer à ce gâchis ! Je ne laisserai personne piétiner mon travail... L'OM appartient à un actionnaire, mais c'est aussi un bien public que l'on défendra,» analyse l'ancien agent de joueurs. Pendant ce temps la, les négociations pour recruter des nouvelles têtes traînent en longueur, ce qui ne facilite pas la tâche de Deschamps... «On est dans une situation où nous aurions besoin de beaucoup de tranquillité, notamment dans la perspective du recrutement. Je n'ai jamais prétendu être exempt de toute critique dans ma gouvernance. Mais nous avons quand même fait prévaloir notre sérieux. Les Marseillais ne sont pas dupes. Depuis cinq ans, l'OM est un club stable. On s'est donné corps et âme pour en arriver là. C'est d'ailleurs l'une des raisons pour lesquelles Didier Deschamps a accepté de nous rejoindre,» confie Diouf. Une situation qui provoque un vif émoi dans les couloirs de la Commanderie, à commencer par José Anigo.
Anigo met les points sur les «i»
Si Pape Diouf semble se trouver dans l'½il du cyclone, le vent pourrait bien attaquer José Anigo, directeur sportif du club olympien. Un contexte qui irrite sérieusement l'intéressé. «Le moment est venu d'expliquer ce qui se passe autour du club car trop de choses fausses sont dites. Cela m'agace fortement. La chose la plus inexacte est de penser que Pape Diouf est un président médiocre. Comment peut-on affirmer cela ? Son bilan est plutôt bon,» rétorque Anigo sur la chaîne Marseille. L'actionnaire majoritaire, Robert Louis-Dreyfus va-t-il finir par se lasser de tous ces balbutiements dans les coulisses marseillaises ? José Anigo lui s'indigne de ce qui pourrait ressembler à une vaste supercherie. «Bien sûr, on peut mettre Pape Diouf dehors. Mais le jour où cela se produira, le club va se retrouver dans une position inconfortable. Le conseil de surveillance n'est pas conscient que le boulot est bien fait. On a l'impression d'être des dirigeants très incompétents qui ne sont pas jugés sur le travail accompli. Le conflit en interne avec Vincent Labrune car il y a effectivement un souci entre les deux hommes, c'est tout simplement parce que le club se gère à Marseille et que les décisions doivent se prendre ici, et non à Paris,» note l'ancien entraîneur de l'OM. Un climat délétère qui risquerait bien de plomber l'avant saison d'un club qui vise le titre de champion de France la saison prochaine